dimanche 2 décembre 2012

Souvenirs du pont de Glienicke...

Le promeneur, qui traverse le pont de Glienicke, marche tout simplement pour rejoindre ce que l'on appelait au temps de la guerre froide Berlin-Est, à Potsdam. Il ne sait pas que la résonance de ses pas sur le bitume rappelle aux pavés d'autres pas, des pas de prisonniers, d'un autre temps, qu'il nous est pourtant interdit d'oublier. Car Glienicke n'est pas un pont comme les autres, il a un autre nom que l'histoire lui a donné : Le Pont des espions.

Si ses pierres pouvaient parler, elles nous raconteraient l'histoire de ce juif, Anatoli Chtaranski et ces quatre espions occidentaux échangés contre quatre agents soviétiques en ce froid février de 1986. Elles nous conteraient, ces pierres, cette année 1985, ou 23 prisonniers politiques et allemands étaient tronqués contre des espions de l'Est enfermés au USA. Ses pavés nous chanteraient la joie de ce pilote Américain, Francis Powers, abattu en 1962 à bord de son avion espion U2, retrouvant la liberté après avoir été échangé contre l'agent soviétique Rudolf Abel, qui purgeait pourtant une peine de trente années de prison aux Etats-Unis. On aimerait aujourd'hui que ce pont de Glienicke nous fasse entendre une dernière fois cette musique, l'écho de ces pas de la liberté, pour un dernier espion, dernier "Refuznik" enfermé pourtant dans les geôles Américaines depuis déjà trop longtemps : Jonathan Polard.

Le pont de Glienicke ne comprend pas. Il en a vu des espions, parfois traîtres à leur pays, parfois assassins, le traverser pour retrouver la liberté. Un seul pourtant va mourir dans sa cellule, car ce qu'il ne sait pas ce vieux pont, c'est que le tort de Jonathan Polard est d'être à ce qu'il semble, en plus d'un espion, un Hébreu. Ce qu'ont oublié ces vieilles pierres, c'est l'intransigeance dont est capable la classe dirigeante américaine, lorsqu'il s'agit d'espions juifs. Parce que ce n'est pas la première fois qu'ils vont tuer. Tuer un espion juif. Déjà le 19 juin 1953, étaient exécutés sur la chaise électrique dans la prison de Sing Sing, Julius Rosenberg et son épouse Ethel Rosenberg et ceci malgré des appels internationaux à la clémence et une campagne très médiatisée dénonçant une erreur judiciaire. Accusé de conspiration et d'espionnage pour le compte de l'Union soviétique, Julius Rosenberg déclara avant d'être exécuté : " Ma condamnation à mort ne me surprend pas. Elle doit être exécuté. Il doit y avoir une affaire Rosenberg, car il faut intensifier l'hystérie en Amérique. L'hystérie et la peur doivent régner en Amérique…".

Le pont de Glienicke ne sait pas que l'hystérie Outre-Atlantique est de retour.

Les rumeurs et les "on dit" sur des activités d'espionnage Israélien sur le sol Américain depuis la condamnation de Jonathan Polard en 1987 n'ont cessé, en effet, d'inonder et d'alimenter les médias de la planète. Ainsi, le journaliste Gordon Thomas écrivait en mars 1999 dans le livre "Les espions de Gideon; l'histoire secrète du Mossad", que les services de renseignement d'Israël possédaient des bandes avec 30 heures de relations Clinton et Lewinsky. En 2000 et 2001, Fox News mettait en cause les entreprises Israéliennes de Amdocs Ltd et Comverse Infosys, qui seraient, selon cette chaîne, à même d'intercepter les appels des fonctionnaires américains de haut rang grâce à des équipements téléphoniques à distance. Le 6 mars 2002 encore, le journal Le Monde révélait en première page l'existence d'un réseau d'espionnage israélien au USA, information qui a été par la suite démentie. Enfin en août 2004, la presse Américaine titrait à la une : "Espion Israélien majeur au Pentagone", soupçonnant un haut responsable de transmettre des informations confidentielles à l'état Hébreu.

 Le pont de Glienicke s'interroge aujourd'hui avec nous sur cette Amérique. Et si l'épisode sombre et tragique de ce meurtre d'état des juifs Rosenberg, n'était pas un hasard ? Et si cette Amérique, si prompte à nous embrasser devant les caméras, ne cherchait, comme Esau, ce frère maudit dans son baiser à Jacob, qu'à nous mordre le cou ?

Seule la libération de Jonathan Polard pourra mettre fin à nos doutes.

Richard Sitbon (2009)

lundi 19 novembre 2012

L'art de la guerre

 

            Aout 1914. Débutait la fin d'un siècle de paix en Europe. La première guerre mondiale commençait, accompagnée de la Révolution industrielle avec ses méthodes de production de masse, l'emploi de nouvelles armes et surtout le début des technologies de guerre. Le "progrès scientifique", rendant cette guerre comme l'une des plus cruelles et brutales dans l’histoire de l'humanité.

A Nietzsche, qui considérait qu’une "bonne guerre justifie n’importe quelle cause", Israël répond aujourd'hui qu'une cause juste justifie une guerre, mais pas n'importe quelle guerre : seulement une guerre juive.

Là où la technologie a apporté la "boucherie", là où les terroristes du Hamas comptent leur "héroïsme" au nombre d'enfants assassinés, Israël nous apporte, aujourd'hui, avec la précision de ses attaques, l'adresse de son système de défense avec "le dôme de fer", une nouvelle conception de la guerre : la guerre juive. Une guerre où la communication, les serveurs, le stockage des données, les véhicules et les soldats, branchés aux systèmes intranet, font du champ de bataille un lieu certes toujours cruel, mais qui laisserait de plus en plus de côté les populations civiles pour se focaliser sur cette chirurgie qui consiste à éliminer le terroriste.

En ce sens, l'opération "Colonne de nuées", plus que n'importe quelle opération jusqu’à aujourd'hui, ouvre une nouvelle conception de la guerre.

Elle apporte une première révolution : à plus ou moins long terme, les missiles "sol-sol" ne feront plus leur travail. Le "Dôme de fer", prouvant son efficacité de jour en jour, place les pays arabes et certains comme l'Iran dans une époque moyenâgeuse. Il fait du terrorisme d'Etat et des bandes armées du Hamas de Gaza, des pantins désarticulés s'acharnant à envoyer des missiles, qui  ne seront de plus en plus que de simples feux d'artifices dans le ciel.

Mais qui plus est, l'opération va permettre à Israël, et cela grâce aux terrorismes de Gaza, d'exporter la guerre juive vers les autres pays. Guerre technologique, presque virtuelle, où les officiers et les soldats seront, dans les frappes données aux ennemis, en situation de presque "simulation". Nouvelle guerre, où l'Etat hébreu, par ses systèmes informatiques, ses logiciels incontournables, ses nouvelles techniques, met déjà fin aux combats traditionnels. Et si Israël est devenu un des plus grands exportateurs d'armes du monde, paradoxalement ce n'est pas la guerre qu'elle exporte, mais un nouvel art ancien qui redevient à la mode : la dissuasion.

Et si le système antimissile "Dôme de fer" a coûté à Israël plus de deux milliards de shekel, grâce aux terroristes du Hamas, il rapportera à l'Etat hébreu bien plus. Déjà, l'Inde se dit intéressé par ce système qu'il nomme "David's sling". Car ce ne sont pas des hélicoptères, des avions de chasses, des bombes qui constituent l'exportation militaire d'Israël mais plutôt de l'intelligence.

Génie que représente le système Awacs monté sur les avions russes, qui a permis de vendre pour plus de dix milliards de technologie à l'Inde, Brio encore, les radars el/m-2083 ou les missiles intelligents comme Barak 8 ou les simulateurs, vendus par la Société Raphaël. Prodige, le système satellitaire optique à haute résolution pour l’observation de la Terre, dénommé Optsat-3000, réalisé en Israël par Israël Aerospace Industries et vendu à plus de deux cent millions de dollars, qui permet de frapper les objectifs grâce à des images dont la précision atteint 50 cm. Enfin, talent, les avions Gulfstream 550, qu'Israël Aerospace Industries transforme en très sophistiqués avions de guerre. Dotés d’appareillages électroniques les plus avancés et reliés à six stations terrestres, ces G-550 modifiés sont capables de voler à 12 000 mètres d’altitude avec un rayon d’action de 7 000 kms. Ils sont devenus aujourd'hui le fer de lance d’un système de commandement et de contrôle pour les attaques sur des de scènes de guerre éloignées.

Car ce que nous retiendrons de l'opération "colonne de nuées", c'est cela avant tout l'intelligence, l'humanité et le courage d'Israël face à la lâcheté, la brutalité et la bêtise de nos ennemis.
 

Richard Sitbon