jeudi 10 novembre 2011

Actualités

Intervention sur Guysen-tv de Richard Sitbon dans l'émission "Les enjeux de l'économie" présentée par Lionel Bobot ... aujourd'hui 10 octobre à 18h15, 20h30 et 21h15. 
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mercredi 5 octobre 2011

Actualité

Nouvelle émission, Les enjeux de l'économie, sur Guysen-tv présentée par Lionel Bobot avec Richard Sitbon aujourd'hui 6 octobre à 18h15, 20h30 et 22h15.

lundi 3 octobre 2011

Les oubliés de la Shoah : est ce suffisant ? Article rédigé pour Hamodia, août 2008

Notre gouvernement annonçait fin octobre une hausse de l'indemnisation des survivants de la Shoah. 
Déjà au mois d'août, un premier geste avait été fait en faveur du premier cercle des rescapés : ceux qui avaient survécu aux camps de la mort. Le mois dernier, c'est au deuxième cercle, ceux qui avaient fui pour échapper aux nazis, que se sont adressées les nouvelles mesures. Le premier ministre nous déclarait en présentant ces aides : "L'Etat d'Israël n'a jamais donné à ceux qui ont survécu à la Shoah l'attention et les ressources qu'il a mis dans la culture de la mémoire de ceux qui sont morts dans la Shoah".

Nous ne pouvons que nous féliciter de ce changement d'attitude du gouvernement d'Israël. Il reste, néanmoins, que les nouvelles mesures prisent nous semblent, aux regards de la situation des rescapés et de leurs contributions à la création de l'Etat d'Israël, bien insuffisantes. La première annonce d'une augmentation au début du mois d'août d'une rallonge de 83 shekels par mois et par survivant, a été vécue comme une insulte faite aux 70,000 rescapés des ghettos et des camps de la mort. Sur les 250,000 survivants, y compris ceux qui ont fuient l'Allemagne nazie, c'est aujourd'hui plus d'un quart qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et si toutes les pauvretés sont inacceptables, la pensée, que ceux qui ont arboré l'étoile jaune ou porté le pyjama rayé, doivent, sur notre sol retrouvé, choisir entre leurs médicaments ou du pain est intolérable. Et si finalement une aide promis de 1.200 shekels pour ceux qui ne recevaient aucune pension de l'Allemagne ou d'Israël a été fixée, il ne faut pas oublier non plus, que nous parlons de personnes ayant, le plus souvent, passé la barre des 80 ans. Mais les aides accordées ou les déclarations de bonnes intentions nous paraissent bien peu de chose, face aux vrais problèmes qui sont laissés en suspend pour des raisons politiques ou, plus graves, pour des raisons purement mercantiles. 


Le président de l'Agence juive Zeev Bielski déclarait, il y a quelques mois : "Si l'allocation des indemnités aux survivants continue au rythme d'aujourd'hui, alors la plus grande partie des sommes allouées resteront dans les banques américaines après le décès du dernier rescapé". Interrogeons-nous avec lui... alors que 80% de ceux qui sont sortis des ghettos vivent en Israël, pourquoi les critères et les décisions pour allouer les sommes dues aux rescapés restent le fait de quelques individus vivant sur le sol des États-Unis ? Mais sans traverser l'Atlantique, regardons chez nous et demandons ensemble au gouvernement d'Israël, avant que ne soit privatisées toutes les banques israëliennes, que soit réglé le problème, les comptes ouverts par nos frères assassinés en Allemagne nazie et qui soixante ans plus tard, restent irrésolus. Nous parlons pourtant de plus de 2,500 comptes qui ont été ouverts et si une partie de l'argent a été reversée, exigeons avec Madame Ruth Avraham, secrétaire générale de la société pour La restitution des biens aux rescapés et avec la Commission parlementaire de 2004, sous le patronage de Madame la député Colette Avital, que soient restitués non pas 37 millions de shekel mais les 307 millions dus. 

Interrogeons-nous aussi, avec les banques israéliennes, sur la raison pour laquelle les sommes qui arrivent d'Allemagne au début ou au milieu du mois sont reversées aux rescapés seulement à la fin du mois et sans les intérêts. Pourtant, un rapide calcul sur les dix dernières années nous montre que ce sont des dizaines de millions de shekel d'intérêt qui ne sont pas reversés aux ayant-droits. Enfin questionnons-nous, avec le contrôleur de l’État d'Israël, Micha Lindenstrauss : pourquoi faut-il chez nous que 17% des demandes d'aides de rescapés de la Shoah restent sans réponses après 7 ans et que 58% d'entre elles ne sont traitées qu'après plusieurs années ? 

Face à tous les défis d'Israël, ce ne sont pas les négociations avec les palestiniens, la menace syrienne ou la bombe iranienne qui doivent nous effrayer. Dieu, soyons en certain, reste notre meilleur bouclier ! Notre véritable ennemi est en nous, dans notre perte d'humanité face aux plus démunis. N'oublions pas pourtant, que c'est grâce à ses hommes et ses femmes courbés par le temps, que nous sommes debout aujourd'hui sur notre terre, rescapés des camps, qui sortis de l'horreur de l'enfer, ne représentaient plus en 1948 que la moitié des forces qui combattirent pour l'Indépendance de notre pays. 

@ Richard Sitbon

Pour changer le mode de scrutin en Israël... Article rédigé pour Hamodia, octobre 2009

Et pourquoi pas des élections pour le peuple ?

A chaque élection, des mots comme "changement" et "espoir" sont utilisés. Espoir que l'on puisse prévenir les guerres, traiter efficacement de la misère, de l'injustice ou de la dégradation de l'environnement. Hélas, le système en vigueur en Israël fait que ses espoirs, ses attentes relèvent plus de la propagande que d’une volonté sérieuse des élus. Les pratiques démocratiques Israéliennes se sont dégradées et les élections représentent davantage des gestes de soumission de la part des électeurs que des actes de liberté.


La situation actuelle est celle d’une unanimité de façade qui estompe une profonde crise institutionnelle. Le système israélien, qui de l'extérieur peut paraître équilibré, porte en lui le déni de démocratie : le droit de participer de manière significative au processus électoral est brimé, le droit à une représentation effective est brimé. Le système israélien correspond plus aujourd'hui à un système médiatique qui se conçoit comme partie prenante des classes dirigeantes et non comme vecteur d’une information critique ou de décisions qui seraient l'expression des enjeux de politique sociale, économique ou étrangère.

A ce propos, le récent rapport publié par le doctorant Assaf Bakar de l'Université de Tel Aviv ne nous surprend donc pas. Cette enquête a été réalisée dans le cadre d'une réflexion sur la nécessité d'un passage en Israël à un système électoral qui représenterait plus fidèlement le vote des électeurs et surtout permettrait de respecter les régions. L'étude de M. Bakar est éloquente pour expliquer pourquoi il existe des zones de pauvreté en Israël et tant de disparités. Selon ses conclusions, près d'un million de citoyens israéliens n'aurait aujourd'hui pas de représentant au Parlement israélien. De plus, le rapport conclut plus spécialement que plus une zone a de représentants à l'assemblée et plus elle bénéficie d'argent gouvernementale et de subventions.

Pour réaliser son enquête Monsieur Bakar a divisé Israël en 46 zones. Et le résultat donné par l'enquête est frappant par son évidence : les zones les plus représentées par des députés sont les zones les moins pauvres et qui bénéficient donc de plus de budget. Au delà de la question démocratique, est posé aussi la question de l'accès à la culture, aux transports ou enfin à l'éducation de ces zones non représentées. L’accès aux biens culturels et aux loisirs demeure alors avec le système actuel fortement inégalitaire.
Ainsi les zones sud d'Israël ne n'ont aucun député, et ceci à partir du sud de la ville de Beer-Sheva. Le Golan, dont les seuls habitants juifs sont estimés a plus de 23,000 personnes, n'a lui aussi aucun député. Plus encore l'enquête démontre que plus de 450 mille habitants ne sont pas représentés, 13 régions encore n'ont aucun représentant, et près de 59% de la population souffre d'une représentation très faible à l'assemblée.


La deuxième question intéressante de l'enquête a été de savoir si les députés, qui représentaient des zones éloignées du centre, étaient actifs pour leur zone. Ici aussi la conclusion de l'enquête est inquiétante car une fois élus les députés, venant de zone de faible revenu, émigrent vers le centre. Au bout du compte, une cassure véritable s'opère entre ces députés et leurs zones d'origines. Et l'enquête de conclure, que seul un changement du mode d'élection donnerait une représentation plus démocratique, mais donnerait aussi une solution pour régler le problème d'écart de richesse en Israël.

Ce changement reste le seul moyen de garantir le respect de la démocratie et de donner une vision non déformée de la pensée politique des citoyens puisque chaque courant de pensées, chaque zone, chaque citoyen seraient représentés. Changer de mode de scrutin serait aussi changer les pratiques politiques mais aussi la seule garantie de faire entrer des idées nouvelles dans la vie politique car, par définition, une idée nouvelle, pensée par un seul homme, puis deux, puis cent…est au départ une idée minoritaire et ne pas lui donner sa chance, c'est tout simplement renier le progrès.


© Richard Sitbon


Richard Sitbon interviewé par Jean Corcos lors de l'émission Rencontre sur Judaïque fm le 2 septembre 2011

http://rencontrejfm.blogspot.com/2011/01/leconomie-disrael-et-le-moyen-orient.html